Visite du Président Poutine à Paris

COMMUNIQUÉ,
Le 02 juin 2012,

Le Rassemblement pour l’Organisation de l’Unité Européenne (R.O.U.E.), regrette l’accueil guère avenant réservé par l’Élysée au Président Vladimir POUTINE, lors de son passage à Paris. Le peu d’attention prêté au Président de la Fédération de Russie est plus qu’une erreur, une faute, car c’est oublier l’importance de la Russie, ce pilier essentiel de l’Europe. Il semble malheureusement, que les socialistes ne réussissent pas à se débarrasser de leur inclination atlantiste.

Le sujet qui fâche, la Syrie, au-delà des sentiments d’horreur qu’il ne peut manquer de susciter, mérite d’être examiné avec lucidité et réalisme. Les interventions militaires que, les pacifistes verbaux que nous sommes, avons menées ces dernières années sont toutes des échecs et se soldent par le néant. C’est le cas en Irak, miné par des attentats quotidiens, l’instabilité et la corruption, l’Afghanistan qui subit les mêmes maux et le retour en force des talibans, et la Libye, à l’identique, avec de surcroît l’exploit d’avoir étendu la guerre civile et l’instabilité au Mali, Niger, et Mauritanie.

Dans les autres pays où nous avons salué de façon dithyrambique le printemps arabe, Égypte, Tunisie et même le Maroc, nous devrions être prudents devant les premiers résultats. Que dire également des soulèvements de Bahreïn écrasés par l’intervention brutale de l’armée saoudienne, pays au demeurant démocratique comme tous ceux de la péninsule arabe. Force est de constater, que là, les mêmes voix sont demeurées muettes.

Face à ces bilans on peut comprendre que les positions péremptoires affichées par la France et d’autres pays concernant la Syrie, laissent le Président Vladimir POUTINE sceptique et désireux de trouver une autre voie. Allons-nous, après la déstabilisation des pays subsahariens, risquer de mettre le feu à une région déjà sous tension et où les conséquences risqueraient d’être dramatiques. C’est au demeurant, à l’ensemble des forces en présences et avec la même impartialité, que la communauté internationale doit s’adresser à la Syrie.

N’oublions pas enfin, les précédents du Kosovo et de la Libye, qui n’ont pas été appréciés par la Russie. Dans le premier cas, la reconnaissance unilatérale de l’indépendance par quelques pays dont la France et dans le second, l’extension illimitée de la résolution du Conseil de Sécurité. Avant d’être critique à l’égard de la Russie, la France devrait se remémorer ses propres comportements.

Michel GRIMARD
Président du ROUE