Quel respect du droit international

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ÉDITORIAL,
le 6 mai 2014,



Quel respect du droit international

S’il existe bien dans les termes, il se dilue fréquemment dans la réalité. La Russie serait tellement cynique qu’elle en ferait totalement fi, alors que l’occident en serait naturellement respectueux. Les exemples de ces dernières années, ne confortent guère les prétendues vertus de l’occident. Ces interventions en Irak, en Libye ou même en Serbie, pour ne parler que des plus récentes, reposent sur des données bien moins légitimes que celles de la Russie, dans d’autres régions. Les États-Unis, l’Europe avaient-ils à protéger, des populations, une partie de leur histoire, de leur langue, de leur culture, non, simplement des intérêts bien compris. Pour la Russie, en Crimée, en Ossétie du Sud, en Abkhazie, oui, ses raisons existent et dépassent la seule volonté de domination, ou l’appât d’intérêts économiques. Pour être acceptée, la Russie devrait, sur tous les problèmes abordés, se ranger à l’infaillible position occidentale et si nécessaire, aux mépris de ses propres intérêts.

La déstabilisation de l’Ukraine est dramatique, à la fois, pour son peuple et la paix, qu’elle ébranle. Mais l’inversion du raisonnement, qui voudrait que seule la Russie porte la responsabilité de cette situation, montre que l’occident a voulu jouer aux apprentis sorciers, dans le cadre du partenariat oriental. Il ne pouvait pourtant ignorer l’inquiétude de la Russie. Or, aujourd’hui, les occidentaux accablent ce pays, sans s’interroger sur l’inconséquence de leurs  comportements et sur leurs nombreuses erreurs. Que dire de l’accord signé, sous le parrainage de l’occident, par le Président Ianoukovytch. L’encre n’avait pas séché qu’il fut piétiné le lendemain par Kiev, sans que les parrains n’interviennent pour le faire respecter. Cette attitude ne peut que saper la confiance et décrédibiliser les objurgations adressées à la Russie. Comment ces détracteurs peuvent-il exiger de Moscou qu’il observe le droit, qu’ils ont été incapables de faire respecter par Kiev. L’ingérence, la violation du droit, sont les pratiques courantes des États-Unis. Le Sénateur Mc Cain ne s’en est pas privé, en intervenant à Kiev, pour exciter la foule à renverser le Président librement élu. Après lui et plus récemment, le Vice-Président Joé Biden a agi de même en prônant la fermeté à l’égard de l’Est de l’Ukraine. Quand le Secrétaire Général de l’OTAN n’exclut pas la tenue d’un exercice de l’Organisation avec l’Ukraine, ne viole-t-il pas, d’une certaine manière, les accords internationaux, ou au minimum, les promesses de 1990. Quelle étrange façon également de manier le verbe. Dans certains cas, les mots ne sont pas assez durs pour condamner les crimes d’une armée contre des civils, alors qu’ailleurs, ils sont absouts ou ignorés. Les morts ne sont pas différents et toute intervention militaire contre des civils, mérite les mêmes qualificatifs.

Bien que Moscou ne reconnaisse pas la légitimité du gouvernement de Kiev, il n’a pas hésité à dialoguer avec lui, le 17 avril,  à Genève et à signer ensemble des accords. La Russie n’a-t-elle pas fait preuve de bonne volonté lors de cette conférence. Le texte de Genève prévoyait un désarmement des milices et l’évacuation des bâtiments occupés illégalement. Son exécution devait se dérouler dans un cadre pacifique et dépourvu de provocation. Malheureusement, Kiev n’a pas respecté l’esprit de Genève. Il est intervenu, sans laisser le temps à la conférence de Genève, de produire ses effets. Dans la nuit du 19 au 20 avril, moins d’une semaine après les accords trois prorusses étaient abattus  près de la ville de Sloviansk par des miliciens. Loin de conduire Kiev à la prudence, il préféra engager les hostilités, en ordonnant à l’armée ukrainienne, le 24 avril, d’intervenir, notamment sur cette même ville de Sloviansk. La résultante fut l’enchainement d’événements,  désormais toujours plus meurtriers. Au-delà de la provocation, c’est le peu d’intérêt porté par Kiev aux accords de Genève, qui est à blâmer. Un gouvernement qui continue à autoriser les milices de l’Ouest à conserver leurs armes et qui par décret en autorise la constitution dans l’Est, à son profit, n’est pas un gouvernement démocratique. Seule l’armée d’un pays intervient au nom de l’État. En appelant Kiev à mettre fin à son offensive militaire, Moscou est conforme à l’esprit des engagements de Genève.

Constamment, assidument, les médias occidentaux prédisent comme imminente,  l’intervention de l’armée russe. Les soldats russes s’échauffent, ils se préparent à intervenir, ils effectuent des manœuvres près de la frontière, ils l’ont presque franchie etc. Face à ces dires répétés, il est permis de penser que l’on souhaite cette intervention, que l’on cherche à la provoquer. Mais force est de constater, que Moscou reste stoïque. Les États-Unis nous abreuvent également de prétendues preuves photographiques, qui ne peuvent que rendre circonspects, ceux dont la mémoire demeure empreinte, des mensonges prononcés par les États-Unis, devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, sur les armes de destructions massives en Irak. Quand on se parjure devant une telle instance, en n’hésitant pas à produire des photos satellites et autres preuves toutes aussi fausses, il est normal qu’aujourd’hui on demeure perplexe. Devant la menace russe, les États-Unis ont envoyé 600 soldats en Pologne et dans les pays Baltes, dans l’attente de renforts. Mais quel rapport entre la situation ukrainienne et ces pays. En réalité, en développant l’idée que la Russie est susceptible d’agresser ces pays, on conditionne l’opinion, pour justifier de futures décisions.

Les séquestrations inadmissibles des observateurs militaires de l’OSCE, dont les responsables ont fini par reconnaître l’erreur, n’ont pas manqué de déclencher des critiques à l’égard de la Russie et sa mise sur la sellette. Mais d’un côté, on tance Moscou pour ses relations avec les insurgés de l’Est, de l’autre, on lui demande d’intervenir pour la libération des membres de l’OSCE. Loin de refuser, il est intervenu positivement, ce qui prouve une nouvelle fois sa bonne volonté, d’agir dans le sens de l’apaisement. Cette attitude mérite mieux que de nouvelles sanctions, si l’occident souhaite réellement emprunter une voie pacifique.

Notre rassemblement, le ROUE, est pour l’indépendance de l’Europe et il combat tout ce qui y fait obstacle. Comme d’autres, il dénonce les attaques et la mauvaise foi dont est victime la Russie. Comme eux, il considère qu’elle doit-être le premier partenaire, de la France, mais aussi, pour le ROUE, de l’Union-européenne. Aussi nous ne serons jamais anti-européen et donc toujours opposé à la destruction directe ou indirecte de cette Union.

Michel GRIMARD
Président du R.O.U.E.

 

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