Mais que cherche vraiment Erdogan ?

Communiqué,
le 16 novembre 2020


MAIS QUE CHERCHE VRAIMENT ERDOGAN ?

Après les tensions entre la Turquie et la France, on peut s’interroger aujourd’hui sur ce que cherche vraiment Recep Tayyip Erdogan. Il y a un paradoxe dans ce pays qui, il n’y a pas si longtemps, semblait vouloir rejoindre l’Europe. En effet, la demande d’adhésion de la Turquie à la CEE ne date pas d’hier. Il faut bien reconnaitre que cette demande pouvait surprendre de la part d’un pays qui n’est pas géographiquement situé en Europe puisque 96% de son territoire se trouve en Asie (Anatolie). Ne remplissant donc pas les critères dits « de Copenhague », qui exigeait qu’un pays candidat ait 95% de son territoire en Europe, l’histoire aurait pu s’arrêter là. C’était sans compter sur la passivité et l’ambigüité des européens face à cette demande qui, bien que fortement soutenue par l’Amérique, a trainée en longueur. Le Président Nicolas Sarkozy ne s’y était pas trompé lorsqu’il avait voulu mettre fin à cette mascarade. Finalement, en raison du non-respect des accords liés à la crise migratoire et au durcissement du régime politique à Ankara, en mars 2017 les européens se sont prononcés pour un arrêt de la procédure. Après cet échec humiliant pour les Turcs, Erdogan menace désormais l’UE de lâcher sur ses frontières des millions de migrants. La preuve est faite que la Turquie ne devait pas rejoindre l’Europe. Elle a choisi son camp. Erdogan revenant sur l’héritage pro-occidental de M.K Atatürk est certainement plus enclin à exercer désormais son influence sur les pays de l’ancien empire ottoman. Il a aussi compris que l’islam politique pouvait être utilisé comme une arme propice à la déstabilisation de nos démocraties européennes.
Après l’inqualifiable attentat de Conflans-Sainte-Honorine et à ceux qui ont suivis, on peut se demander pourquoi la Turquie s’en prend autant à la France, en insultant directement son Président. Faisant notamment appel aux nombreux musulmans qui vivent dans notre pays, la France apparait aujourd’hui comme le maillon faible de l’Europe. Espérons qu’elle ne devienne pas son cheval de Troie. Cependant, même si les réactions des autres pays européens ont été plutôt molles conforment au soft power, le prix que va devoir payer la Turquie si cette escalade continue, risque d’être très élevé, car celui qui est en position de force aujourd’hui dans la région c’est le Maitre du Kremlin, qui est militairement beaucoup plus puissant que l’apprenti néo-sultan.

Le Bureau National

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