L’économie Russe n’échappe pas au canon des médias

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ÉDITORIAL,
le 20 février 2014,



L’économie Russe n’échappe pas au canon des médias

Chronique 1
L’économie russe n’échappe pas au canon des médias occidentaux, dans l’acceptation de sa double expression. Si l’opinion publique ressent négativement la Russie, elle le doit majoritairement aux médias, qui présentent ce pays sous un angle toujours défavorable. Il serait plus raisonnable et surtout plus sérieux, de décrire avec objectivité la situation qui prévaut aujourd’hui. Car souvenons-nous de la façon dont nous avons accepté, après octobre 1989, et pour notre plus grand intérêt, le pillage de l’économie russe, particulièrement dans le secteur énergétique. Il a fallu attendre l’arrivée de Vladimir POUTINE, pour que l’économie russe se redresse, acceptons de le reconnaitre.

Chronique  2
Nier que des progrès restent à faire, reviendrait à se comporter comme les médias que nous venons de fustiger. Le Premier Ministre, Dimitri MEDVEDEV, a lui-même souligné les faiblesses auxquelles il faut remédier. Faible productivité, tissu industriel à moderniser, ou trop grande dépendance à l’égard du pétrole et du gaz. Mais la résorption de toutes ces failles est tributaire d’un contexte international qui la freine. C’est le cas, pour l’attenance aux aléas des prix mondiaux des énergies, comme le gaz ou le pétrole ou pour la fluctuation de la production, à l’instar de l’aluminium. De même, la concurrence  qu’impose à la Russie sa récente adhésion à l’OMC n’est pas sans défaveur, dans un premier temps, comme la récession économique qui frappe la zone euro, avec laquelle Moscou réalise la moitié de ses transactions commerciales.

Chronique 3
Un autre sujet fait débat, la croissance. Pour la Russie elle serait en baisse continue, selon le FMI, qui l’établit à 2,5% en 2013, en fait 1,8%. Elle devrait stagner pour 2014, mais demeurer positive, alors que pour la France elle est quasiment nulle et que pour une majorité de l’Europe, elle demeure très faible, quand elle n’est pas négative. Pour remédier à cette situation, où sont nos propres réformes, tant demandées à la Russie. Par la conséquente augmentation des salaires, le Président Vladimir POUTINE a su soutenir la croissance, par la consommation des ménages, qui démontre également la confiance dans l’avenir du pays.

Chronique 4
Que ne dit-on pas également sur les inégalités, qui seraient un véritable fléau en Russie. Elles existent, mais elles régressent, contrairement aux États-Unis et à l’Europe où elles ne cessent de se creuser. Ces deux continents ont montré, négativement l’exemple, ces dernières décennies. Les inégalités ont progressé de façon spectaculaire, au point d’en faire les champions de cette triste réalité. Si en Russie, selon le crédit suisse, 35% de la richesse est détenue par une petite minorité, aux Etats-Unis, c’est la moitié de la richesse nationale qui est entre les mains de 10% des américains les plus fortunés et 22% entre celles de seulement 1% de cette même population. Quant au caractère clanique, il n’est pas l’apanage de la Russie. Il revêt chez nous une forme plus perverse, plus hypocrite, mais tout aussi réelle. Les dirigeants du CAC 40, qui se retrouvent dans les différents conseils d’administration, en sont un parfait exemple. Aujourd’hui, en occident, l’abysse des inégalités commence à inquiéter. Le fragile équilibre de la société est ébranlé, comme le système qui l’engendre.

Chronique 5
Une autre prétendue calamité, les investissements. En Russie, ils s’essouffleraient, deviendraient poussifs. Les sorties de capitaux ne seraient que des fuites, nullement des investissements extérieurs, alors qu’en Europe elles ne sauraient être que l’expression d’une politique dynamique d’investissement et d’ouverture vers l’extérieur. Si des sorties incertaines ont été effectuées par de hauts fonctionnaires russes, elles sont désormais limitées par la loi. Pour les russes, investir en France n’est pas simple. La suspicion qui entoure leurs mises de fond, contribue à leurs échecs. Combien de propos, méfiants, même malfaisants, ont suivi la prise de participation de la Russie dans EADS. Les supputations alarmistes sont aujourd’hui démenties, la Russie ayant récupéré cette participation, pour la réintroduire dans l’aviation civile, particulièrement dans la société publique Soukhoï.

Ironiser comme le font les médias occidentaux, sur les manifestations organisées par la Russie ou sur les déclarations de ses dirigeants déclinant les avantages d’investir dans le pays, est plus facile, que de rechercher la vérité, mais nous pouvons les y aider. Dans le secteur russe de la potasse, la China Investment Corporation a pris 12,5% des actions d’Uralkali. Dans celui de l’énergie, la France s’est manifestée avec EDF, actionnaire à 15% dans South Stream et avec total, partenaire de gazprom dans l’opération gazière de Chtakman, actuellement en attente. La Russie a aussi été choisie et préférée à d’autres pays, par de nombreux jeunes entrepreneurs français, à l’égal de Madame Maêlle GAVET, qui dirige la société Ozon, numéro un en Russie, pour le commerce en ligne. Pour elle l’entreprenariat est dynamique et le marché très porteur. D’autres aussi, interviewé par les échos, sont emballés par les perspectives et convaincus d’avoir fait le bon choix. C’est le cas de Messieurs, Jean-Noël RIVASSEAU, dirigeant de la société Kameleoon, de Yannick TRANCHIER et de son incubateur, ainsi que d’Alexeï MARTYNISHINE, responsable de la filiale de Murex à Moscou.

Aujourd’hui, plusieurs pays européens recherchent intensément les échanges économiques avec la Russie. Notamment, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie et la France, dont plusieurs milliers d’entreprises travaillent dans ce pays. Tous ces état seraient d’autre part bien inspirés d’adopter à son égard une attitude politique plus constructive. Depuis l’accession au pouvoir du Président Vladimir POUTINE, le commerce entre la France et la Russie s’est démultiplié en dix ans. De nombreux partenariats et investissements sont en cours, y compris la création d’un nouveau fond d’investissement franco-russe, ce qui rend optimiste un témoin attentif de la vie économique russe, Monsieur Arnaud DUBIEN, directeur de l’observatoire franco-russe à Moscou.

Chronique 6
Sur le tableau de bord de l’économie russe, des données positives sont à relever. Remarquable santé de l’ensemble des dettes, souveraine, publique ou extérieure et quasi absence  de déficit budgétaire. Commerce extérieur multiplié par quatre en dix ans et perspectives macroéconomiques supérieures à celle de l’Europe. Le tout conforté par la stabilité politique du pays. De plus, compte tenu de ses compétences, l’arrivée de Madame Elvira NABIOULLINA à la tête de la Banque Centrale de Russie ne peut être que bénéfique, au-delà de la démonstration, que dans ce pays, une femme peut occuper les plus hautes fonctions, dans le domaine stratégique des grands équilibres financiers.

Il était nécessaire de corriger une information tronquée, en espérant, pour l’avenir, des analyses et des présentations plus objectives, de la part des médias.

 

Michel GRIMARD
Président du R.O.U.E.

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