Le drame Ukrainien mérite plus de retenue et moins de mauvaise foi

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ÉDITORIAL,
le 1 septembre 2014,

Le drame Ukrainien mérite plus de retenue
et moins de mauvaise foi

L’horreur s’installe dans l’actualité. Extermination des chrétiens en Irak, massacre des civils par l’armée en Syrie, en Ukraine, à Gaza, sans que tous ces crimes rencontrent la même réprobation ou la même compassion. Enfin, drames aériens en Ukraine et au Mali. Toutes ces calamités, méritent d’être commentées avec décence.

Concernant l’Ukraine, sa tragédie aérienne n’a guère bénéficié de retenue, elle a surtout abondé en mauvaise foi. S’il convient par respect pour les familles et les victimes, de fixer les responsabilités et de faire toute la lumière sur cette catastrophe, il est inepte de l’utiliser comme instrument de propagande, en commençant à établir des responsabilités sans preuve. Lors de son voyage en Ukraine et aux Nations Unis, le Ministre des Affaires Étrangères Néerlandais avait d’ailleurs prôné le respect pour les victimes. Mais d’entrée de jeu, la Russie a été pointée du doigt. Les services secrets russes opéraient en Ukraine. Comme si les autres pays n’agissaient pas à l’identique, notamment les États-Unis, qui n’hésitent pas à espionner massivement ses alliés, jusqu’aux Chefs d’États. Il n’est nul besoin d’une dictature, pour mentir, désinformer, manipuler. Avec la complicité, fréquente, des médias, les gouvernements démocratiques y recourent sans vergogne. Aujourd’hui, le recul nous permet de mesurer la perfidie des insinuations, qui transforment les mensonges en vérités.

Bien que l’on reconnaisse qu’il sera ardu d’établir avec assurance, d’où provient le tir qui a détruit l’avion civil de la Malaysia Airlines, les États-Unis n’hésitent pas à accuser ouvertement les prorusses. L’enquête internationale  débute à peine, que déjà les prorusses et naturellement Moscou, sont les responsables désignés. Il s’agit, sans preuve, de faire pénétrer dans les esprits, cette fausse évidence. Puis c’est l’  enchaînement. L’enquête sera certainement longue, d’autant que les prorusses se sont emparés des boîtes noires, sous-entendu, qu’ils vont les garder, mais la suite montrera qu’il en est rien. Au moment où les enquêteurs de l’OSCE assurent avoir reçu des gages, on n’hésite pas à diffuser que les prorusses, qui administrent la région, vont multiplier les obstacles. Quand les déclarations de l’OSCE conviennent aux médias, elles ne sont que vérité, dans le cas contraire, qu’improbables. L’arme de destruction est également mise à contribution. C’est une batterie de missiles sol-air que les prorusses ont pris à l’armée ukrainienne, puis une nouvelle version la présente, comme une fourniture de l’armée russe. Peu importe les contradictions, l’important est de faire croire, qu’il ne peut s’agir que des prorusses. D’ailleurs, le missile a été, certainement, fabriqué par l’entreprise d’état russe Roste 32. Le doute n’est plus permis pour le porte-parole de la Maison Blanche, un seul coupable Vladimir Poutine. Toujours le même procédé, sans aucune preuve, on installe la certitude du coupable. L’Ambassadrice américaine, Zamantha Power, le Secrétaire d’Etat, John Kerry, n’en finissent pas d’évoquer les nombreuses présomptions, qui  désignent les coupables, prorusses. Pour le Président Obama qui n’a cure des preuves, le délit est établi, d’autant que des photos satellites en attestent et que chacun sait, depuis la guerre d’Irak, quel crédit il convient d’apporter à ce type de preuves. En vérité, aucune constatation indéniable ne justifie les accusations portées contre les prorusses. Les contradictions sont permanentes, de la batterie prise à l’armée ukrainienne à celle fournie par la Russie de son utilisation par des soldats inexpérimentés à celle de soldats formés pour l’utiliser. Si les américains peuvent affirmer que le missile sol-air a été tirée d’une zone contrôlée par les prorusses, pourquoi dans d’autres circonstances, sont-ils si aveugles. Rien ne conforte ces imputations. Fort heureusement, les spéculations ne constituent pas des preuves.

Pour les occidentaux, cette situation tragique est totalement imputable à la Russie. Les Européens et les États-Unis n’assument aucune responsabilité, Moscou se doit d’accepter toutes leurs demandes, sans aucun droit ou moindre regard sur l’Ukraine. Comme si l’entrée de ce pays dans l’OTAN, en reniement des engagements pris par l’Europe et les États-Unis en 1990, n’avait aucune incidence sur la sécurité de la Russie ou également, comme si une structure centralisée à Kiev, n’était pas sans effet sur la partie russophone de l’Ukraine. Par son Partenariat Oriental, l’Union européenne ne va-t-elle pas au-delà d’un droit de regard sur l’Ukraine. Bien que dans un premier temps ce soit l’Ukraine  qui ait rompu le cessez le feu, on a reproché à la Russie de n’avoir pas tenu ses engagements. La Russie excellerait à prendre à contre-pied les occidentaux. Il faut dire que nous sommes si naïfs et les russes tellement cyniques. Quand le Président Vladimir Poutine fait preuve de bonne volonté, va dans la direction souhaitée, ce n’ai jamais suffisant ou ça cache, bien sûr, une arrière-pensée. C’est une étrange façon de l’encourager à être conciliant. En refusant de voir les efforts accomplis, on contraint la Russie à revenir sur des positions défensives. Malgré le retrait de ses troupes basées le long de la frontière, Moscou n’a jamais obtenu de Kiev, qu’elle précise la forme institutionnelle que devaient prendre les négociations. Kiev lui substitua la reprise de l’offensive de son armée, nourrissant ainsi les conditions du drame aérien. Sans les combats il n’aurait pas eu lieu. De même qu’en laissant ouvert son espace aérien à l’aviation civile, l’Ukraine ne peut s’exemptée de ses responsabilités. A ce stade, il n’est pas inintéressant  de rappeler deux tragédies aériennes passées, dont l’une éclaire le comportement présomptueux des États-Unis, si promptes à condamner  et à moraliser. En 1983, l’URSS, après avoir abattu un Boeing 747 Sud-Coréen de Korean Air Lines, reconnait sa faute. En 1988, les Etats-Unis abattent un Air Bus d’Iran Air. S’ils regrettent, à peine, ils refusent toute responsabilité et ne s’excusent pas.

Initialement, l’Europe n’est pas apparue suffisamment offensive à l’égard de Moscou, déchaînant les critiques des médias proaméricains. Ils peuvent désormais se consoler, les nouvelles sanctions, aussi improductives, qu’inefficaces, montrent que l’Union européenne est rentrée dans le rang. Seulement, les Etats-Unis et L’Union européenne ne sont pas le monde. Il reste à la Russie un champ très vaste d’échanges commerciaux. Qu’elle habileté pour une Europe déjà bien handicapée de rejeter la Russie et quelle tristesse de la voir faire le lit des Etats-Unis. De la politique étrangère conduite ces dernières années par les Etats-Unis et l’Union européenne, particulièrement la France et l’Angleterre, émane un sentiment de gâchis, fruit de tant de certitudes et de prétentions. Une nouvelle fois, comme pour de nombreux évènements passés, les grands médias se frapperont la poitrine, reconnaissant leurs erreurs, mais entre-temps ils auront contribué aux catastrophes.

Contrairement aux descriptions et aux informations répandues, la Russie et les prorusses ont collaboré à la recherche de la vérité, sur le crash de l’avion de la Malaysia Airlines. Ils n’ont jamais fait obstacle à l’enquête. Dans les tous premiers jours, l’Ukraine, la Russie et l’OSCE sont arrivés à un accord, instaurant la mise en place d’une zone de sécurité autour de l’endroit du crash, afin de favoriser l’enquête internationale. D’ailleurs, à l’occasion de la réunion du Conseil de Sécurité le mardi 18 juillet, proposant l’ouverture d’une enquête internationale sur le crash, la Russie n’a émis aucune réserve. Malgré ces marques de bonnes volonté, le dimanche 20 juillet, l’Union européenne Interpelait le Président Vladimir Poutine pour qu’il n’entrave pas l’enquête, prenant le prétexte de la remise des boites noires, alors que la suite montre qu’elles furent remises, sans difficulté, aux enquêteurs. De plus, le même jour, lors d’une conversation téléphonique avec le Premier Ministre néerlandais, Mark Rutte, le Président Vladimir Poutine lui affirmait son entière coopération concernant la remise des corps et des boites noires. Autre reproche tout aussi infondé, le Président Vladimir Poutine n’aurait pas été suffisamment attentif à l’égard des Pays-Bas. Or, aussitôt après le crash, puis de nouveau pour la seconde fois en trois jours, le mardi 25 juillet, il a appelé le Premier Ministre Néerlandais, Mark Rutte. On n’hésite pas à mentir et à travestir la vérité.

Que ce soit, pour les investigations des experts sur le site, ou pour la remise des boites noires, personne ne peut contester la bonne volonté de la Russie, qui a usé efficacement de ses bons rapports avec les prorusses. Ces derniers ont assuré, juste après le crash, qu’ils soutenaient la venue d’une équipe d’experts, ce qu’ils ont démontré concrètement. Prétendre comme certains médias, que les experts de l’OSCE n’ont pu effectuer leur travail, que sous l’œil attentifs des prorusses, est un abus de langage. Le lundi 21 juillet, à l’issue d’une visite d’experts internationaux de l’OSCE,   les prorusses se sont retirés du site du crash, qui est devenu accessible, sans aucune contrainte. A noter que, préalablement, les corps sont restés sans surveillance pendant deux jours. Plus tard, notamment le lundi 28 juillet, les experts ne furent pas empêchés de se rendre sur le site, par les prorusses. Ils durent renoncer, face à la violente intervention de l’armée ukrainienne. Le mensonge, ce venin répandu sans retenue, au sujet des boites noires et du train réfrigéré contenant les corps des victimes, a lui aussi été démasqué. Deux faits se sont inscrits en faux des allégations des médias. Les boites noires ont été livrées, volontairement, par les prorusses, à une délégation malaisienne le lundi 21juillet. Même attitude des prorusses concernant le train réfrigéré, contenant les dépouilles. Après son inspection par les observateurs de l’OSCE, qui n’ont constaté aucune irrégularité, le train s’est ébranlé, sans encombre, vers les Pays-Bas. Mais, que les prorusses n’aient pratiqué aucune obstruction et puissent agir positivement est insupportable pour les antirusses, dont la vindicte forcenée à l’égard de la Russie, s’en trouve discréditée.

Michel GRIMARD
Président du ROUE


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