La Crimée a clairement affirmé son identité

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ÉDITORIAL,
le 17 mars 2014,



La Crimée a clairement affirmé son identité

Le faux suspense a vécu. Il fallait une forte dose d’hypocrisie, pour penser que le résultat du référendum n’entérinerait pas le souhait, déjà sous-jacent dans la déclaration d’indépendance du parlement de Crimée, d’un rattachement à la Russie. Le verdict rejoint la réalité historique, tant il est vrai que la Crimée n’a jamais cessé d’être russe. Mais, de quoi se plaignent les occidentaux, qui considèrent la société russe incompatible avec l’occident, car marquée, notamment, par la fascination du chef et l’esprit de conquête. Si telle est la perception de l’Europe, il apparaît normal, que la Crimée pro-russe, ne souhaite pas demeurer dans l’Ukraine, pro-occidentale.

Aucune baïonnette russe n’a été nécessaire pour obliger les citoyens de Crimée à choisir la Russie et encore moins celles des tartares acquis à Kiev, mais profondément ulcérés par la récente loi ukrainienne, interdisant l’utilisation de leur langue. C’est naturellement et massivement que la Crimée a choisi le rattachement à la Russie. Par son attitude, ses décisions, Kiev a concouru à son rejet, par la Crimée. En 1998 l’Ukraine n’a pas hésité à contraindre la Crimée à accepter une nouvelle constitution. Après avoir annulé la précédente, l’Ukraine dota la Crimée d’un statut d’autonomie humiliant, vidé de toute réalité, car sans pouvoir, tout étant décidé par Kiev.

Comme l’avait prédit le Président Vladimir Poutine, l’affaire du Kosovo est revenue, comme un boomerang, dans la gueule des occidentaux. Alors que le même scénario s’est déroulé en Crimée, comment l’Europe peut-elle le rejeter. Par sa position approuvant l’indépendance unilatérale du Kosovo, la Cour Internationale de Justice, justifie aujourd’hui, celle de la Crimée. Sa proclamation d’indépendance, vaut celle du Kosovo.

Faire de l’eurasisme une entité politique de premier plan est totalement surfait. L’assemblage de ses différentes composantes, ne constitue pas toujours un ensemble homogène, comme le démontre la présence de l’Arménie. L’eurasisme est une façon de stabiliser et de sécuriser le pourtour sud de la Russie, il n’est pas l’expression d’une quelconque volonté de conquête. En développant l’idée d’une théorie aux visées impérialistes, sur l’Ukraine, le Kazakhstan, la Lettonie et autres, l’Europe fait naître la peur, pour justifier sa position.

Ce rejet, certains journaux l’expriment plus particulièrement, en vouant une haine viscérale, pas seulement au Président Vladimir Poutine, mais aussi à la nation russe. Ils sont en effet indivisibles, dès l’instant où le Président reçoit, majoritairement, le soutien du peuple russe, pour sa politique intérieure, comme extérieure. Pour cette dernière, une large partie de l’opposition a rejoint la majorité, pour approuver le rattachement à la Russie, de la Crimée, partie du territoire national qui retrouve sa patrie d’origine, qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

Le Premier Ministre Donald Tusk, se croit habilité à critiquer les pays européens, qu’il trouve trop passifs à l’égard de la Russie. Il semble oublier que la situation dramatique que vit actuellement l’Ukraine, résulte de l’initiative prise par son pays, de créer le partenariat oriental. La récente proximité franco-ukrainienne, rend bien fragile l’ingérence de la France, aux regards de la construction géopolitique de l’Ukraine, qui favorise plus la Russie, que l’Europe. Le traité d’Androusovo de 1667 a englobé Kiev dans les territoires ukrainiens; placés sous le protectorat de Moscou. Ils seront ensuite intégrés, successivement, dans l’empire russe et l’URSS.

Pour l’avenir de l’Ukraine, il revient à Kiev et à l’Europe, d’éviter de mettre en place les conditions d’un éclatement ou d’une partition, en respectant les particularismes de l’Est de l’Ukraine.

Michel GRIMARD
Président du R.O.U.E.

 

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