Angela Merkel, hors de portée de toute erreur ?

COMMUNIQUÉ,
le 12 mars 2016,

ANGELA MERKEL, HORS DE PORTÉE DE TOUTE ERREUR ?

Flagorner la Chancelière allemande, qui serait hors de portée de toute erreur, comporte des risques, comme vient de le démontrer sa position réversible sur les questions des migrants. Son positionnement initial hasardeux, illustré par un enthousiasme démesuré à l’accueil des migrants, a ébranlé l’Union européenne et son propre pays. Le renforcement, comme le jaillissement d’oppositions, parfois aussi excessives que l’emballement de la Chancelière, en sont le piètre bilan. Cette résultante qui impacte négativement la CDU, ne  doit pas conduire Angela Merkel à privilégier sa situation en Allemagne, au détriment de l’Union européenne. Qu’elle s’engage dans la realpolitik, face aux problèmes engendrés par son choix originel, est son affaire, mais qu’elle n’affaiblisse pas l’Europe avec ses concessions à la Turquie.
Devant une situation devenue incontrôlable et afin d’endiguer le flot migratoire qu’elle a favorisé, Angela Merkel s’est lancée dans une démarche solitaire avec la Turquie. En s’entretenant en tête à tête avec le Premier Ministre Turc, Ahmet Davutoglu, elle a marginalisé le Président François Hollande et mis ses partenaires devant le fait accompli. Démarche, à la fois, peu orthodoxe et passablement désobligeante.
Mais l’important  réside essentiellement dans tous les consentements de la Chancelière, aux exigences du Premier Ministre Turc. Que l’Europe accepte un soutien financier à la Turquie, peut s’admettre, bien qu’une contribution de 6 milliards d’euros ne soit pas négligeable. A l’inverse, rien ne justifie les autres demandes. Libéralisation accélérée de la délivrance de visas aux turcs pour l’espace Schengen ou lancement de négociations supplémentaires relatives à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Ces questions relèvent d’accords extérieurs à ces négociations. Elles s’inscrivent, notamment, dans le mouvement d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.
Avant que les accords passés entre la Chancelière allemande et le Premier Ministre turc ne reçoivent un éventuel quitus, lors de la réunion des dirigeants européens les 17 et 18mars, nous réclamons qu’ils soient expurgés des demandes qui lui sont étrangères. Incapable, jusque-là, de surmonter la vague des migrants, l’Europe va-t-elle perdre la maîtrise de son destin.

Pour le Bureau National
Michel GRIMARD
Président du ROUE

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