Alexeï NAVALNY étrange héros des médias occidentaux

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ÉDITORIAL,
le 3 septembre 2013,

Alexeï NAVALNY étrange héros des médias occidentaux

La campagne pour l’élection du maire de Moscou, le 8 septembre, ne comble pas de joie les médias occidentaux, qui pensaient avoir trouvé dans l’avocat Alexeï Navalny, le héros et le martyr dont ils avaient besoin, pour décrier le Président Vladimir Poutine. Non seulement Alexeï Navalny est libre, de se présenter à l’élection, mais aussi de s’exprimer sans contrainte.

Pour les médias, avocats du vertueux blogueur, sa condamnation, peut-être trop sévère, ne peut résulter que d’un procès truqué, qui n’aurait aucun fondement. Mais qu’en savent-ils exactement? Seulement, pour eux, cette condamnation est une aubaine. Elle démontrerait la régression de l’état de droit et le caractère dictatorial du pouvoir. Le Président Vladimir Poutine ne serait qu’un despote, un nouveau tsar, un mafieux, car on n’hésite pas à utiliser les qualificatifs les plus outranciers.

Mais voilà, Alexeï Navalny, contrairement aux dires initiaux des médias, n’est pas empêché de se présenter, il est laissé en liberté et peux participer à l’élection. C’est curieux, c’est étrange, certainement un piège, la suspicion des médias ne fléchit pas. En vérité, ils sont embarrassés et ne veulent pas reconnaître la volonté de pluralisme du gouvernement russe. Pour ces médias, souvent de gauche, tout est bon pour critiquer le Président Vladimir Poutine. On détourne les yeux des aspects négatifs de ceux que l’on soutient, pour ne retenir que les côtés utiles au dénigrement du régime.

Alexeî Navalny, libre de sa parole, s’exprime sans retenue, comme le montre cette citation ” Le crapaud, assis sur le pipeline, va sentir que ça chauffe sous ses pattes et va se demander s’il ne vaut pas mieux sauter vers la Suisse, plus près de ses comptes bancaires “.Bel exemple d’une parole prétendument muselée. La candidature d’Alexeï Navalny n’est pas symbolique, l’éventualité de son élection ne peut être totalement écartée et malgré tout, le gouvernement joue le jeu de la démocratie. Or, l’enjeu, la mairie de Moscou, n’est pas négligeable.

Mais, de quel héros nous parlent les médias? L’homme ouvert, le chevalier blanc, le démocrate, n’est peut-être pas l’homme qui nous est présenté, pour les besoins de la cause, noircir toujours plus l’image du Président Vladimir Poutine. La campagne pour l’élection du maire de Moscou, nous révèle un autre visage d’Alexeï Navalny, ce qui devrait conduire les médias français, notamment, à plus de retenue et de discernement. Car, au-delà des problèmes de fond relatifs à la préférence nationale et à ses déclarations concernant l’immigration, c’est l’expression d’une manière de penser, en principe honnie par les médias, que ces choix traduisent. Les propos d’Alexeï Navalny, n’ont rien à envier à ceux du maire de Moscou, sur lesquels il surenchérit.

N’en déplaise aux donneurs de leçon, la candidature d’Alexeï Navalny contredit les détracteurs de l’existence démocratique en Russie. Ce pays n’a d’ailleurs pas de leçons à recevoir de l’Europe et encore moins des Etats-Unis, où la démocratie revêt une forme particulière, quand il s’agit de Guantanamo ou des écoutes, qu’elles soient nationales ou internationales, pour ne citer que ces deux exemples.

Michel GRIMARD
Président du R.O.U.E.

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