Notre Dame de Paris blessée, revivra de ses cendres

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Avr 16, 2019 Commentaires fermés sur Notre Dame de Paris blessée, revivra de ses cendres giulietta

ACTUALITÉ,
le 16 avril 2019,

NOTRE DAME DE PARIS BLESSÉE,  REVIVRA DE SES CENDRES

La destruction aussi terrifiante qu’incompréhensible de Notre Drame de Paris est un drame absolu,
la catastrophe la plus terrible que la France ait subie depuis 1940.
Cette tragédie blesse l’âme des chrétiens en prière.
Elle fait saigner aussi de douleur la France toute entière et stupéfie l’Europe et le monde entier.
C’est 800 ans d’Histoire qui partent en fumée ainsi qu’une part de nous-même.
J’espère voir de mon vivant notre « reine des cathédrales rebâtie ».
En attendant, voici l’hommage qu’elle m’inspire dans la douleur.

L’homme à l’oreille duquel les monuments parlent dirait aux visiteurs l’importance de ces pierres sacrées. Il décrirait cette cathédrale saisissante dans sa massivité gothique, sa façade peinte de vives couleurs au Moyen Âge, et ce qu’il y a de sublime à l’intérieur ; les instruirait du lieu fondateur de la France du Roi-Très-Chrétien, celle d’avant la République-du-citoyen-très-laïc ; de ce concentré de grandeur d’âme et de puissance audacieuse, où l’on construisit grand, haut et splendide pour que la Chrétienté embarque sur ce bateau d’éternité. Il vanterait le geste des bâtisseurs anonymes, leur rêve de pierre et de verre accompli, le peuple lisant la Bible sur la façade coloriée, voyant les vingt-huit rois de Juda, que les vandales de la Révolution brisèrent, les prenant pour la lignée des Capétiens ! Il serait disert sur ce sanctuaire de la fille aînée de l’Eglise, où la ferveur des foules en prières égalait les clameurs des stades ; commenterait ce missel de pierre à la portée des illettrés, livre d’Heures magnifiant le Christ, qui semble incongru dans notre France irréligieuse. Il évoquerait Quasimodo arrachant Esméralda placée, la malheureuse, sous le regard concupiscent de Frollo, le prêtre fornicateur, mais en vain à la hache du bourreau ; déclamerait les dithyrambes d’Hugo sur cette église féconde, débiterait les fulminations d’Huysmans contre ce « cadavre inerte de pierres », propos prémonitoire ; citerait Gargantua compissant et noyant deux cents cinquante mille Parisiens (sans compter les enfants, précise Rabelais) et les romantiques montant aux tours afin que leurs sentiments atteignent leur renommée grandissante ; réciterait Bossuet jetant son éloquence sur de nobles cercueils, Carême aux conférences bien plates à côté des incandescences de Lacordaire ; murmurerait les Toccatas que Cochereau jouait aux grandes orgues, psalmodierait les répons des chanteurs de la Maîtrise, aubes blanches et croix de bois. Il prendrait le pinceau de David peignant le sacre de l’Empereur ceint de la couronne d’or de Charlemagne. Il carillonnerait la joie la France ressuscitée en 1944. Le parvis ? Il n’y en avait point. C’était des maisons frôlant la Cathédrale. Ça grouillait de mendiants, de malandrins, de catins et de charlatans, tous à leur affaire, de condamnés à mort aussi venant faire amende honorable avant d’être suppliciés en place de Grève, roués vif comme Cartouche, écartelés comme Ravaillac, grillés telle la Brinvilliers. En vain, Aris improviserait pour les touristes-sprinteurs n’ayant vu ni la couronne d’épines ni la tunique de Saint Louis, ni le Christ en majesté, bizarre à leurs yeux comme une pagode pour un djihadiste, ni les gargouilles, qui nouent d’étranges liens entre le Ciel et les démons.

Alfred GILDER (*)
Membre du bureau du R.O.U.E.

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(*) écrivain et auteur du livre « 101 citations qui ont fait l’histoire de France »