La City et le Brexit

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Mar 22, 2017 Commentaires fermés sur La City et le Brexit giulietta

ÉDITORIAL,
le 22 mars 2017,

LA CITY ET LE BREXIT

 

Suite à la déclaration de Madame MAY, le première Ministre britannique, indiquant qu’elle activait l’article 50, à partir du 29 Mars 2017, le Brexit va commencer à devenir une réalité et la City est sous pression. Celle-ci espérait, il y a peu encore, qu’il n’y aurait peut-être pas de Brexit, ou bien que celui-ci se ferait selon des modalités légères (soft Brexit), mais à présent elle semble s’être habituée à l’idée de devoir tourner la page. Chacun pressent que le Brexit sera un Brexit dur, sans même parler des 60 milliards d’€, somme avancée par les 27, que la Grande-Bretagne devrait rembourser.
Le 21 mars, des dirigeants de Goldman Sachs et de Morgan Stanley ont clairement dit qu’ils envisagent déjà de déplacer quelques centaines de personnes hors de Londres. Pas des milliers, des centaines, car pour eux ce ne sera pas la fin de Londres évidemment, mais plutôt un léger rééquilibrage en faveur d’autres places financières. Le Brexit se traduirait selon eux, par une secousse, mais nullement par un tremblement de terre. Cette assertion peut relever de la méthode Coué, tant la procédure de sortie de l’UE et les négociations qui l’accompagneront sont redoutées par beaucoup et seront longues.
La City ne restera certainement pas sans réagir et les lobbyistes de la City joueront sur deux tableaux. Ils essaieront tout d’abord de peser sur le cours des négociations avec l’Union Européenne afin de sauver le passeport européen et selon certaines informations, auraient encore bon espoir d’y parvenir. Pour l’heure, ils militent surtout afin de compenser l’impact négatif du Brexit, par un allégement majeur des contraintes réglementaires et pour une baisse massive des impôts et des taxes. Albion reste sur la même stratégie : il s’agit de faire de la Grande-Bretagne en général et de la City en particulier, un tel paradis fiscal et réglementaire que la finance n’aura pas d’autre alternative que de rester et s’y développer malgré les contraintes de sortie de l’Union européenne.
Force est d’admettre ici que s’il y avait une véritable volonté franco-allemande ce qui ne semble pas, à l’évidence, être le cas aujourd’hui il serait possible de détrôner à court/moyen terme la City, en organisant le transfert de la cotation des activités boursières traditionnelles à Francfort par exemple et à Paris ou Amsterdam la cotation des produits dérivés et autres, comme ceci fût un temps envisagé.
Les grandes capitales financières européennes essaieront bien sûr de profiter des risques qui pèsent sur la City. Selon un sondage du Financial Times, auprès des dirigeants de banques et d’institutions financières, c’est Francfort qui attirerait le plus les décideurs, ceci, même si Francfort est une ville quelque peu austère, en comparaison de Paris surtout, elle bénéficie de sa proximité à la Banque centrale européenne, alors que la France souffre largement de son rapport ambivalent face à l’argent et à la finance. Dublin serait aussi en bonne position en raison de la langue et de l’environnement fiscal.
D’une manière générale, Un Royaume-Uni exigeant, mais somme tout menacé et internationalement affaiblit en cas de Brexit « dur », une Europe qui se détricote face aux nouveaux défis et Jean-Claude JUNCKER, la figure de proue de l’Union européenne qui annonce déjà son renoncement en disant qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession. Tous ces éléments laissent particulièrement inquiets, alors que l’Europe plus que jamais, aurait besoin d’un cap clair et d’une volonté forte.

Jean-Jacques GAY
Vice-président du R.O.U.E.

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