Discours conférence : Comment relancer la coopération avec la Russie

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Mar 21, 2019 Commentaires fermés sur Discours conférence : Comment relancer la coopération avec la Russie giulietta

CONFÉRENCE DÉBAT,
le 20 mars 2019,

DISCOURS D’ACCUEIL DU PRÉSIDENT DU R.O.U.E.

 Monsieur le Ministre, Messieurs les Présidents, Mesdames Messieurs, Chers Amis.

Le ROUE que je préside, le Mouvement européen de Paris et l’Académie de Géopolitique de Paris, sont heureux de vous accueillir à cette conférence-débat, qui nous l’espérons, permettra de faire prendre conscience de l’absurdité et de la nocivité, des relations franco-russes, actuelles.

Le ROUE s’est fixé deux objectifs, œuvrer pour une coopération renforcée et toujours plus étroite avec la Russie, dans une perspective unitaire et ce qui est essentiel, agir pour  l’édification d’une Europe véritablement indépendante, donc souveraine, c’est-à-dire capable d’agir par elle-même et pour elle-même. Concernant la coopération avec la Russie elle est aujourd’hui, majoritairement, dans l’impasse, alors qu’en 2002, lors de la première élection du Président Vladimir Poutine et dans les années qui suivirent, les relations avec ce pays, sans être totalement idéales, étaient apaisées et la volonté de coopération partagée.

Mais la création du Partenariat oriental à Prague, le 7 mai 2009, allait altérer la situation. Initiée conjointement par la Pologne et la Suède, pays hostiles à la Russie, ce partenariat a pour objet de faire entrer dans l’Union européenne et quoi qu’on en dise, à terme dans l’OTAN, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie, l’Ukraine et la Biélorussie, zones d’influences russes. Or, outre la légitime inquiétude de la Russie pour sa sécurité, l’occident oubliait les promesses faites à ce pays sur la reconnaissance des zones d’influence Russe. Cet acte malveillant allait entrainer de graves difficultés, l’Ukraine et la Crimée, notamment.

Les premiers obstacles à toute reprise pérenne résident dans les sanctions, qui constituent une véritable barrière. Elles sont désormais devenues sans commune mesure, avec les évènements incriminés. Indépendamment de leur effet économique négatif, qui est loin d’être négligeable, elles  génèrent d’autres effets, psychologiques, qui impriment dans le mental de ceux qui les subissent un sentiment de rejet et d’agressivité qui ne s’estompe pas facilement.

S’arcbouter sur l’Ukraine et la Crimée, pour maintenir les sanctions est non seulement saugrenue mais injustifié, la première n’étant plus crédible, l’histoire justifiant la seconde. L’Europe est aujourd’hui totalement embarrassée par l’inertie de l’Ukraine. Pays corrompu, qui n’hésite pas à recourir au mensonge pour manipuler l’opinion, comme dans l’affaire du faux assassinat du journaliste Arkadi Babtchenko et qui après avoir voté un « statut spécial »  pour le Donbass, ne l’a pas mis en pratique ou qui en octobre 2017 rend obligatoire l’Ukrainien, bannissant le russe alors que 83% des ukrainiens préfèrent parler le russe au quotidien .Belle démonstration d’un nationalisme étroit, sans concession. Arrêtons d’handicaper nos relations avec la Russie, pour un pays qui refuse de réformer ces vieilles traditions vénales.

Concernant la Crimée, il fallait une forte dose d’hypocrisie, pour penser que le résultat du référendum de 2014 n’entérinerait pas le souhait, déjà sous-jacent dans la déclaration d’indépendance du parlement de Crimée, d’un rattachement à la Russie. Le verdict rejoint la réalité historique, tant il est vrai que la Crimée n’a jamais cessé d’être russe. Cette Crimée, partie du territoire national qui retrouve sa patrie d’origine, qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Chacun connaît le véritable positionnement de la Crimée, hérité d’une longue histoire. Seuls les amnésiques, volontaires l’ignorent. Dans cette péninsule, la présence russe a été une constante, notamment à travers la base militaire de Sébastopol, dont on sait l’intérêt stratégique pour la Russie. La Crimée est russe depuis deux siècles et demi et ce n’est pas la donation de Nikita Khrouchtchev en 1954, qui a changé la façon de penser et de raisonner de ces russophones. La Crimée s’est toujours sentie plus russes qu’ukrainienne. Cessons d’en faire un casus belli, de nombreux faits accomplis, beaucoup moins crédibles et légitimes, ont été acceptés par la communauté internationale.

Résister efficacement aux géants que sont, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde et ce n’est exhaustif, nécessite, comme l’a dit le Président Emmanuel Macron, d’arrimer à l’Union européenne la Russie, cette grande puissance de notre continent. Pour ce faire, il apparaît évident que l’abandon des sanctions est indispensable au retour à la normalité, afin de pouvoir engager de nouvelles relations. On ne peut guère reprendre une saine coopération, sur la base de sanctions imposées à son partenaire. Il revient également à la Russie de manifester sa volonté d’aller vers l’Europe, dès lors qu’elle fait preuve de bonne volonté, en prenant les dispositions nécessaires.

J’espère que ces quelques réalités, qu’il convenait de rappeler, permettront d’enrichir le débat.

Je vous remercie pour votre attention.

Michel GRIMARD
Président du ROUE

Vous pouvez visualiser les discours des différents intervenants à cette conférence débat

Vidéo du discours d’accueil Michel GRIMARD, Président du R.O.U.E. cliquez ici
Vidéo du discours de Patrick OLLIER, Président de la Métropole du Grand Paris cliquez ici
Vidéo du discours de Jean-Claude HOUDOIN, Président du mouvement Européen de Paris cliquez ici
Vidéo du discours de Ali RASTBEEN, Président de l’Académie de Géopolitique de Paris cliquez ici

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