De la Turquie, de l’Amérique, du Brexit et de la Russie

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Nov 9, 2018 Commentaires fermés sur De la Turquie, de l’Amérique, du Brexit et de la Russie giulietta

ARTICLE,
le 9 novembre 2018,

 

DE LA TURQUIE, DE L’AMÉRIQUE, DU BREXIT ET DE LA RUSSIE

De la Turquie

Les obstacles actuels et récents à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne :

Indépendamment des évidences, à savoir que la Turquie n’est pas européenne, ni chrétienne et qu’elle n’est pas une démocratie, force est d’admettre si besoin était que les évènements encore récents ne doivent inciter à aucune tolérance.

-lors d’un voyage à Strasbourg, fin 2016, en visite au Conseil de l’Europe, l’actuel président turc, n’a pas manqué de rappeler que les Turcs d’Europe devaient se considérer uniquement comme Turcs et leur interdisait de s’assimiler à leur patrie d’adoption, tout en rappelant qu’ils devaient se considérer « chez eux » dans les pays européens.

-Il y a encore peu, des proches du président Erdogan, trafiquaient avec l’Etat islamique, DAECH, en matière d ‘achat de pétrole et de fourniture d’armes ; il y a quelques mois encore, la Turquie d’Erdogan exigeait le départ de Bachar-el-Assad,  armait diverses factions infréquentables de la dite résistance syrienne, tout en étant un soutien discret et efficace de Daech, avant d’effectuer un virage à 180 degrés et d’être désormais en alliance avec la Russie et l’Iran sur le dossier syrien, comprenant que celui-ci lui échappait, tout en continuant à persécuter la population kurde de Turquie et de la Syrie voisine..

-la Turquie, moins que jamais, ne veut se résoudre à reconnaître le génocide arménien, tout en menaçant les pays qui le reconnaissent,

depuis 1974, la Turquie occupe militairement une partie du territoire d’un Etat membre de l’Union européenne, le nord de Chypre, alors même qu’elle poursuit sa politique de peuplement éhontée de la partie chypriote turque, du nord de l’île, par l’apport de population d’Anatolie, désormais aussi au grand dam des Chypriotes turcs,

Si la question de l’adhésion de la Turquie était posée aux Etats Membres de l’Union européenne,  9 sur 27 procéderaient par voie référendaire, alors que l’unanimité et requise de la part des Etats de l’UE, pour admettre un nouveau pays ; il y a fort à parier de l’adhésion de la Turquie serait rejetée.

-Envisager l’adhésion de la Turquie à l’UE, ne manquerait de poser très immédiatement et   immanquablement la question de la représentativité de la Turquie au sein de l’Union européenne : en terme de majorité qualifiée au Conseil des Ministres de l’UE, comme au sein du Parlement Européen, qui peut oser imaginer un seul instant que la Turquie puisse avoir plus de voix que l’Allemagne, la France ou l’Italie, au Conseil des Ministres de l’UE et plus de députés au Parlement Européen, sans immédiatement se mettre à dos, sa population et ses pairs?

-Si l’Europe parait « incomplète » à Ankara, sans la Turquie, on peut remarquer que le respect des droits de l’homme à l’est du Bosphore est encore plus « incomplet » depuis le coup d’Etat avorté du 15 juillet 2016 en Turquie et la répression qui a suivie. Des crimes commandités par l’Etat islamique, de la tentative de coup d’état militaire  (qui pose encore question pour certains), à la terrible répression qui s’abat sur les putschistes,  les manifestants qui défendent la liberté d’expression, les journalistes emprisonnés, les juges, les fonctionnaires et les industriels évincés ou arrêtés….le compte n’y est plus.

Aux yeux de l’UE, la Turquie remplit donc moins que jamais les critères qui justifieraient l’exemption de visas Schengen pour ses ressortissants, alors que le pacte migratoire UE-Turquie conclu en mars 2016 prévoyait d’accélérer ce processus de libéralisation.

Les obstacles historiques à l’adhésion de la Turquie :

– le bon sens permet de faire remarquer que l’organisation du continent européen serait encore plus « incomplète » sans la présence et la pleine participation, sous une forme ou sous une autre, de la Russie : comment imaginer une Europe en effet qui accueillerait la Turquie, avant la Russie européenne ?

Géographiquement,  historiquement, culturellement, ethniquement, la Turquie au contraire de la Russie, n’appartient pas à l’Europe,

-Historiquement, la Turquie, des siècles durant, a été un ennemi brutal, idéologique, religieux et permanent de l’Europe, des peuples européens, des moeurs européennes : à titre d’exemple, le triste sort des  janissaires,  les conversions forcées massives,  le sort réservé aux Arméniens, est là pour le rappeler.

La question kurde, elle non plus ne pourra pas être éternellement évitée  par les décideurs européens ; ce peuple de 35 millions de personnes, qui a payé un lourd tribut dans la lutte contre l’extrémisme musulman, protégé les minorités chrétiennes et génocide arménien, mérite-t-il de devenir une nation ? Poser la question s’est déjà largement y répondre. Il n’est pas inutile non plus de rappeler qu’Erdogan et Daech ont les mêmes ennemis héréditaires : les chiites et les Kurdes.

Enfin, si besoin était, rappelons que lors du récent vote des Turcs sur le renforcement des pouvoirs –déjà exhorbitants- du président Erdogan, les Ottomans de l’intérieur n’ont pas donné de majorité de voix à l’actuel dirigeant. En revanche, les Turcs de l’étranger l’ont massivement soutenu et permis sa victoire au referendum. Plus de 76% de voix en Belgique, entre 69 et 75% de vois en France et en Allemagne. Ceci devrait interroger les turiféraires d’une « vaste et immuable hospitalité européenne », dans la perspective de cette guerre civile continentale qui vient.

La sortie possible du Royaume-Uni de l’UE et l’indifférence croissante entre les 2 bords de l’Atlantique

 du fait des négociations du BREXIT, alors que la sortie programmée du Royaume-Uni de l’Union européenne, indépendamment de la forme ultime qu’elle prendra, pose la question de l’affaiblissement militaire de l’Europe, force est de rappeler dans le même temps, que les relations d’alliance de l’Amérique de Donald Trump, avec la France, comme avec l’Allemagne, se sont fortement distendues ; récemment, est parue au Congrès américain une étude estimant que l’Amérique pourrait perdre une guerre contre la Russie, ou la Chine [1], en raison de mauvaises décisions passées. A l’évidence aussi, les 2 seules armées en ordre de marche, dans l’Union européenne sont la britannique et la française ; mais dès lors que le Royaume-Uni s’éloigne -ou s’éloignerait- du continent européen et que le doute s’installe désormais entre l’Europe et l’Amérique, que certains veulent dans l’urgence, en puisant dans la panoplie gaullienne, relancer l’idée d’une armée européenne, le moment n’est-il pas venu, enfin de s’adresser à la Russie et d’engager avec elle, une véritable coopération européenne qui porterait sur tous les aspects constitutifs de son appartenance à terme, à l’UE, ainsi que sur la conceptualisation d’une véritable politique européenne de défense continentale, s’appuyant sur 3 pôles forts : Russie, France, Allemagne ? Le Général de Gaulle avait pour habitude de dire, qu’il faut avoir la politique de sa géographie : or, si l’on considère les nouvelles ambitions de la Turquie, la très forte pression migration d’invasion, en provenance de l’Afrique, la déstabilisation de nos sociétés occidentales, par les attaques systématiques dont nos valeurs fondatrices culturelles, historiques, religieuses, sont l’objet par les puissantes forces du « politiquement correct », alors tout nous pousse et la lucidité en premier lieu, à définir, pour le long terme, une nouvelle , grande et belle alliance avec la Russie.

L’Europe ne doit pas se tromper, elle n’en a plus les moyens.

Jean-Jacques GAY
Vice-Président du ROUE

 

(1)    https://www.usip.org/sites/default/files/2018-11/providing-for-the-common-defense.pdf

Providing for the Common Defense The Assessment and Recommendations of  the National Defense Strategy Commissio

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Michel GRIMARD
Président du ROUE

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